MERCI DE NE PAS VOUS REPRODUIRE
- Dr Mortmagus

- 2 janv.
- 6 min de lecture

Vous y croyez vraiment, vous, au soir du Grand Jour, au jour du Grand Soir, à ce changement tant attendu et annoncé ? Vous croyez vraiment que nous allons, d'un élan commun, mettre un terme à la pollution de la planète, au réchauffement climatique, au gaspillage des ressources et à toutes les conséquences néfastes induites par ces phénomènes telles que les guerres, les famines, la pauvreté, les pandémies et autres migrations de masse ? Vous croyez vraiment que nous allons dès demain cessez de jeter nos ordures dans la nature, que nous cesserons de considérer le profit et l'accumulation de biens matériels comme notre unique raison de vivre ? Vous pensez sincèrement que nous ferons de la tolérance et de la solidarité les nouvelles valeurs de l'humanité ? Si telle est votre opinion, c'est que vous ne serrez jamais un membre du VHEMT, le Mouvement pour l'Extinction Volontaire de l'Humanité (MEVH en français), dont l'existence a pourtant le mérite de poser une question cruciale : Quel monde allons-nous laisser à nos enfants et aux générations future ?
Quelques chiffres
Les chiffres annoncés par les ONG et les institutions internationales n'incitent pas à l'optimisme. Les conflits armés se poursuivent partout dans le monde : Yémen, Palestine, pays du Sahel africain, Soudan, Congo ; conflits qui n'épargnent ni l'Asie (Birmanie, Thaïlande, Taïwan), ni l'Amérique (Colombie, Venezuela) ou l'Europe (Ukraine). Selon le rapport publié par l'institut SIPRI(Stockholm International Peace Research Institute) les ventes d'armes et de services à caractères militaires ont augmenté de 5,9 % , soit un total de 679 milliards de dollars. En tête de classement, les USA, la France et la Russie. Le commerce mondial a atteint en 2024, le niveau record de 33 mille milliards de dollars, enregistrant une croissance de 3,7 % par rapport aux années précédentes. L'ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) estime le gaspillage de nourriture à 10 millions de tonnes chaque année en France. Mais selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture), c'est 1,3 milliards de tonnes d'aliments jetés à la poubelle par an, alors qu'ils sont encore consommables. Les principaux responsables de ce gaspillage des ressources sont bien évidemment les pays industrialisés. Mais les Etats occidentaux ne sont pas les seuls coupables de ce gâchis. L'étude de l'ONG britannique Global Justice Now démontre clairement depuis quelques années l'influence grandissante des entreprises multinationales sur la planète. Selon cette étude, parmi les cents entités économiques les plus puissantes, 69 sont des multinationales comme Walmart, Amazon, Shell, Apple, Microsoft, et 31 sont des Etats. Le monde est de plus en plus dominé par ces "corporations" économiques pour lesquelles transition écologique et pratiques environnementales se calculent d'abord en pertes et profits. Si tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes économiques, d'autres chiffres annoncent des lendemains qui déchantent.
Le rapport 2024 de la FAO sur l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde indique qu'entre 713 et 757 millions de personnes ont souffert de la faim en 2023, soit une personne sur 11 et une sur cinq en Afrique mais plus de 864 millions de personnes ont connu une insécurité alimentaire grave, alors que les richesses augmentent et que les flux financiers grimpent de façon exponentielle. En parallèle, l'obésité est en hausse, et la FAO estime qu'il y aura plus de 1,2 milliards d'adultes obèses d'ici à 2030 du fait de la malnutrition.
Le bilan écologique affiche lui aussi des chiffres inquiétants. En 2017, la perte des surfaces arborées a atteint les 294 000 km², soit l'équivalent d'un hectare par seconde de forêt anéantie et rien n'indique un ralentissement dans les années à venir. La perte de la couverture arborée a atteint son plus haut niveau en 2024 (30 millions d'hectares disparus en partie à cause des incendies provoqués par le réchauffement climatique). Une espèce animale ou végétale disparait toutes les 20 minutes, ce qui représente 26280 espèces tous les ans principalement du fait des activités humaines. Il suffirait sans doute de quelques uns de ces milliards de dollars engrangés par les multinationales et d'un peu de bonne volonté pour mettre un terme à cette folie mais personne parmi les décideurs économiques et politiques ne semblent considérer ces déséquilibres comme des soucis majeurs. Et ce malgré le cri d'alarme lancé par 15364 scientifiques sur l'état de la planète en novembre 2017 dans la revue Bioscience, face à un effondrement écologique probable. L'effondrement ou collapsus écologique, c'est l'incapacité d'un système, en l'occurrence notre biosphère, à s'adapter, donc à continuer de fonctionner normalement, avec toutes les conséquences que cela implique pour notre survie à plus ou moins long terme. En 2020, tous les signaux d'alerte sont passés à "l'écarlate". Et pourtant, les risques écologiques liés à l'avènement de la consommation de masse sont connus depuis plus de 50 ans. Lors de la première conférence de l'ONU sur l'environnement humain de Stockholm en 1972, les questions écologiques sont déjà à l'ordre du jour. Depuis cette date, les sommets internationaux sur l'environnement ont lieu tous les dix ans et la question climatique y fit son apparition dès 1992. Le dernier, baptisé Cop30 (30e Conférence des Parties sur les changements climatiques) s'est déroulé à Belem au Brésil en novembre 2025 a abouti sur un accord considéré comme "manquant d’ambition et peu équilibré" de la part même du ministère français de la transition écologique, qui dénonce en outre des insuffisances, un manque d'ambitions collectives, une absence d'objectifs quant à la fin de l'utilisation des énergies fossiles. Du fait des divergences d'intérêts entre les Etats et organismes participants, il n'y a jamais eu d'avancées notables ni aucune résolution contraignante pour pallier aux déséquilibres écologiques engendrés par l'activité humaine et inverser les impacts sur notre planète.
Le VHEMT et Les U. Knight
Pour Les U. Knight, militant écologiste et activiste, le constat est criant. La classe politique est incapable de réguler l'impact des activités économiques sur l'environnement. Il est convaincu que l'humanité ne changera pas et qu'elle continuera de détruire la planète et les autres espèces vivantes, jusqu'à son effondrement final. Ce qui entrainera toujours plus de souffrances, de famines et de dégradations à mesure que les ressources viendront à manquer. Il ne croit pas non plus que le progrès technologique permettra d'apporter des solutions, car chaque avancée technique entraîne de nouvelles nuisances qu'il faut aussi affronter, en un cycle absurde et sans fin. Ainsi de l'invention de la voiture destinée à faciliter nos déplacements, qui par bonds successifs mène à l'invention des plastiques, aux pollutions par l'excès de co² rejeté dans l'atmosphère, à la dépendance aux énergies fossiles, aux grands groupes pétroliers, etc. En deux siècles d'industrialisation, l'humanité a plus endommagé la planète que tous les millénaires précédents et ce phénomène n'est pas prêt de s'arrêter. Les U. Knight considère alors que l'unique manière de stopper cette course délétère est l'extinction de l'espèce humaine. Il fonde en 1991 le Voluntary Human Extinction Movement (prononcez "vehement"), une ONG écologiste prônant la fin volontaire de l'humanité par la non-reproduction.
"Thank you for not breeding" est son mot d'ordre et "May we live long & die out" son credo et sa devise*. Largement influencé par l'écologie profonde* et le courant biocentriste*, le VHEMT a été critiqué pour sa philosophie malthusianiste* radicale. Et pourtant, Les U. Knight se défend d'imposer le moindre programme extrémiste ou violent. Ici pas de théorie eugéniste, de contrôle des naissances ou d'appel au suicide. Le VHEMT prône le volontariat, la contraception et propose des solutions alternatives pour atteindre son but : rendre la planète aux autres espèces et permettre ainsi à d'autres formes de vie moins destructrices que la notre d'évoluer et de poursuivre l'aventure du vivant.
Malgré l'hostilité, l'incompréhension ou les discours ironiques que suscite son mouvement, Les U. Knight n'en poursuit pas moins la diffusion de son message. La disparition de l'humanité est selon lui inéluctable, et sera d'autant plus douloureuse à mesure que nos conditions de vie se dégraderont. Quelle pertinence y a t-il alors à donner naissance à d'autres humains qui après nous devront affronter un monde de moins en moins accueillant ? Le désir naturel d'avoir des enfants est l'un des arguments majeurs opposé au projet du VHEMT. Mais pour Les U. Knight ce besoin de procréation est plus un concept culturel qu'une nécessité biologique. Il y a belle lurette que la sexualité humaine ne dépend plus de l'instinct de reproduction comme chez les animaux. La reproduction humaine est un déterminisme social, un habitus lié à la norme et aux valeurs sociétales ou religieuses. Le VHEMT a ainsi dressé sur son site une liste d'alternatives à la procréation comme le fait de bénéficier de plus de temps pour se réaliser soi-même, se consacrer aux autres, développer d'autres activités et admettre que les enfants ne sont pas la motivation et l'aboutissement obligés de nos vies d'êtres humains.
Notes
*Chiffres annoncés par la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement)
*Sources World Resources Institue/Global Forest Review : https://gfr.wri.org/
*"Merci de ne pas vous reproduire/Puissions nous vivre longtemps et mourir en paix"
*Ecologie profonde, branche de la philosophie écologique apparue dans les années 70 qui considère l'humanité comme étant une partie intégrante de l'écosystème sans plus d'importance qu'une autre espèce.
*Biocentrisme, courant écologique s'opposant à l'ethnocentrisme humain qui consiste à n'accorder de dignité morale qu'aux êtres humains et à considérer la nature uniquement comme un ensemble de ressources (wikipedia).
*Malthusianisme, doctrine professée par Thomas R. Malthus, (1766/1834) prônant la réduction de la natalité.
Sites
Le site du VHEMT en français : https://www.vhemt.org/findex.htm
Dr. Mortmagus (juin 2020/janvier 2026)

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