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I will survive ! survivalisme et résilience

une femme vêtue d'un hoodie gris et d'un pantalon jeans, portant un sac à dos gris et machant de dos dans une rue délabrée bordée de gravats et de bâtiments délabrés

Vous avez survécu à la grippe de Hong-Kong en 1970, à la crise pétrolière de 1973,  au virus HIV en 1981, à la catastrophe de Tchernobyl en 1986, aux tempêtes de 1995, à la crise de la dette en 2008, au covid-19 en 2020, mais survivrez vous à l’effondrement économique mondial annoncé ? Survivrez vous au réchauffement climatique ? Etes-vous suffisamment résilient ? Etes-vous un survivant chanceux ou un survivaliste avisé ?


Nos sociétés occidentales nous ont donné l’illusion d’une sécurité acquise qui n’est en réalité que très relative. Le confort amené par l’industrialisation, la consommation de masse, les progrès technologiques et les services publics nous assure une profusion de produits et d’aliments, la protection de nos biens et de nos personnes, l’accès aux soins et aux loisirs. Diverses allocations nous prémunissent du besoin en cas de perte d’emploi, de handicap, de vieillesse et des assurances nous garantissent le remboursement des pertes dues aux incidents de la vie. Autant de facilités généreusement dispensées par l'Etat-providence et la prospérité économique occidentale, conséquences "logiques" d'un progrès technologique qui, paradoxalement nous a aussi conduit vers une postmodernité beaucoup plus instable. Les sociétés postmodernes telles que définies par les sociologues* reposent essentiellement sur le rapport production/consommation, la satisfaction immédiate des désirs, l’individualisme, la fragmentation des identités (multiculturalisme, identités virtuelles, néotribalisme) et la disparition progressives des repères issus de la société traditionnelle (famille, travail stable, Etat fort). Cette mutation de nos modes de vie n’est pas sans conséquences : pollutions, crises financières et sociales, conflits localisés sur fond d’intérêts économiques, migrations massives, dérèglements écologiques majeurs et catastrophes environnementales et sanitaires se multiplient à travers la planète. Autant de sonnettes d’alarmes que personne ne semble entendre ni prendre au sérieux., sauf ces survivalistes tant décriés et moqués par les médias de tout bord. L’apocalypse zombie* n’est sans doute pas pour demain, mais l’effondrement de notre société du gaspillage n’est peut-être pas aussi éloigné que nous le pensons.


Force est de constater que nous sommes dépendants et incapables, pour la plupart d’entre nous, de la moindre autonomie de subsistance et de survie. Nous achetons nos aliments dans des hypermarchés, nous faisons réparer nos objets par des professionnels quand nous ne les jetons pas ; nous ignorons pour beaucoup d’entre nous les gestes de secours d’urgence et sommes incapables de nous sauver, nous et nos proches en cas d’accident. Nous ne savons pas nous défendre face à une agression, nous ne savons pas reconnaitre des plantes que nous voyons pourtant tous les jours en nous promenant dans la nature. Nous ne savons pas réparer notre voiture si nous tombons en panne. Nous ne sommes pas prévoyants et nous espérons que notre confort de vie sera immuable tout comme nous pensons que les ennuis « ça n’arrive qu’aux autres ». Et pourtant, un simple accident de la route, un incident domestique ou la rencontre d’une mauvaise personne peut tout remettre en question, sans parler d’évènements de plus grande ampleur comme une catastrophe naturelle, un effondrement sociétal (crise économique ou financière, conflits, rupture des approvisionnements en eau ou nourriture, disparition des services publics). Faut-il pour autant devenir survivaliste et stocker médicaments et provisions dans un refuge isolé en attendant le pire ? le survivalisme a vu le jour aux Etats-Unis en pleine Guerre Froide. L’imminence d’une guerre nucléaire globale pesait alors sur le monde avec en perspective la survie dans un environnement dévasté. Le risque de conflit mondial a certes reculé mais d’autres menaces sont à l’oeuvre et le survivalisme a lui aussi évolué. Il n’est plus l’apanage de quelques Rambo experts en survie, ni de communautés millénaristes ou d’extrême droite*. Le néosurvivalisme regroupe aujourd’hui une nébuleuse de tendances qui va des néo-ruraux fuyant les grandes villes, aux militants de la décroissance et de la simplicité volontaire, en passant par les preppers*, adeptes de la prévoyance, de la résilience et du survivalisme au quotidien. 


Etes-vous prêts ?


Le néosurvivalisme classe les niveaux de risque en deux ou trois catégories selon les auteurs : les risques individuels et localisés et les risques à grande échelle. Les premiers risques concernent notamment les accidents du quotidien (accidents de voiture, cambriolage, incendie du domicile, coupures d’énergie au niveau d’une maison ou d’une rue, égarement dans une zone déserte telles que forêt ou montagne, agressions physiques, etc. La seconde catégorie regroupe des risques majeurs d’ampleur régionale ou mondiale, soit les catastrophes naturelles, ruptures d’approvisionnement en denrées ou énergie, troubles sociaux et conflits, pandémies, effondrements économiques et financiers, modifications climatiques, etc. La gestion de ces niveaux de risque implique des préparations différentes et adaptées. Mais quelque soit la situation, la notion d’anticipation et de prévoyance est prédominante. Certains risques du quotidien peuvent ainsi être aisément résolus ou évités avec un minimum de préparation. Avoir un pneu de secours en bon état dans son véhicule et savoir l’installer, ne pas attendre que son réservoir soit quasiment vide pour faire le plein sont des actes de prévoyances à la portée de tout le monde. Posséder une trousse de soins d’urgence et se former au premiers secours est aussi une nécessité. Prévoir un « everyday carry », un sac d’urgence en cas d’évacuation urgente de votre domicile et toujours posséder de l’argent liquide sur soi, savoir lire une carte et utiliser une boussole, connaître quelques plantes comestibles et médicinales sont des comportements simples qui peuvent nous éviter des ennuis. La liste peut aussi intégrer des notions de DIY (Do It Yourself)*, de jardinage, se constituer un groupe d’amis et de proches sur lesquels vous pouvez compter. De nombreux ouvrages d’initiation au survivalisme peuvent servir de base pour apprendre à adopter une attitude prévoyante au quotidien et affronter des situations de crises majeures ou plus simplement se rendre plus autonome  du système économique destructeur actuel.


Notes


* Notamment Michel Maffesoli : « Imaginaire et postmodernité » (édition Manucius, Paris).

*Cherchez donc sur internet le rapport CONOP 8888 ! Ce rapport d'avril 2011 élaboré par le ministère de la défense américain est un plan destiné à protéger les civils en cas de menace zombie. https://en.wikipedia.org/wiki/CONOP_8888

* Pour exemple, le Militia mouvement (mouvement des Miliciens) proche de l’anarcho-nationalisme (libertarianisme très ancré à l'extrême droite politique) aux USA.

* De "prepping" se préparer.

*DIY ou Do it Yourself , voir sur ce site https://www.ratpress.net/post/do-it-yourself


Bibliographie



Devenir survivaliste en France: le guide d’initiation au survivalisme, de Jake Tinhorn (BR’Edition, 2018)

Vivre en autosuffisance : Vivre de peu, mais vivre mieux, de Dick et james Strawbridge (édition Larousse, 2017)

On pourra aussi jeter un oeil sur ces ouvrages de Piero San Giorgio, survivaliste suisse reconnu mais controversé en raison de ses prises de positions politiques, notamment "Survivre à l’effondrement économique" (éditions Le Retour aux Sources, 2011) et "Rues barbares : Survivre en ville" (même éditeur que le précédent, 2012).


Sites internet


*Site néo survivaliste et prepper en français :

*site indépendant dédié aux thématiques de la survie urbaine et du survivalisme en France. Sa mission est d’informer et de sensibiliser les citoyens aux risques auxquels ils font face pour former des populations résilientes dans les grands centres urbains :


Dr. Mortmagus (mai 2020/janvier 2026)



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