Crowdfunding, finance participative
- Dr Mortmagus

- 24 avr.
- 4 min de lecture

Livret A au plafond maximum, épargne retraite, portefeuilles d'actions, comptes bancaires rebondis ; vous achetez sans compter et les sites eBay et Amazon vous adorent. Mais il existe d'autres moyens plus éthiques et solidaires de dépenser son argent ou d'épargner, en aidant associations et créateurs de petites entreprises via les plateformes de crowdfunding (ou financement participatif en français). Outre la satisfaction d'avoir fait preuve de générosité, vous y gagnerez quelques avantages sous forme de rétributions en produits et services ou par une participation aux bénéfices, octroyés par les porteurs de projets.
Crowdfunding ? Qu'es aco ?
Le crowdfunding ou financement participatif ou collecte de fonds participative est une solution de financement pour les créateurs et repreneurs d'entreprises, les associations, ONG, porteurs de projets, qui s'est largement développée avec internet au tournant des années 2000. ArtistShare, lancée en 2003 et destinée exclusivement aux musiciens et compositeurs de jazz, est la première plateforme de financement participatif sur internet. L'idée derrière le crowdfunding consiste à solliciter le public pour financer tout ou partie d'un projet, quelque soit son secteur d'activité : artisanat, agriculture, éditions, sciences et technologies, commerce, jeux vidéos, musique, logement, sous forme associative ou entrepreneuriale. Les projets doivent être éthiques, solidaires et équitables et concerner le développement durable ou local, le commerce de proximité, les énergies renouvelables et la transition énergétique, la culture et l'éducation, la production bio, la rénovation immobilière et le mal-logement, les causes humanitaires, en résumé tout projet susceptible d'avoir un impact positif sur la société.
Il existe quatre systèmes de crowdfunding :
Le crowdgiving (ou donation-based/don sans contrepartie) concerne surtout les projets associatifs et citoyens. Il consiste à soutenir un projet en faisant un don désintéressé au porteur de projet, sans contrepartie autre qu'un remerciement ou d'avoir son nom associé au projet.
Le crowdreward (ou reward-based ou don avec contrepartie) permet aux contributeurs de recevoir une contrepartie sous formes de contenus exclusifs (système pratiqué par la plateforme ArtistShare par exemple), de services gratuits, de cadeaux en produits, etc.
Le crowdlending (ou prêt solidaire) est un prêt financier au porteur de projet (souvent des entreprises de l'économie sociale et solidaire comme les coopératives, mutuelles, associations), qui s'engage en retour à le rembourser selon des échéances préétablies.
Le crowdequity (ou equity-based ou investissement participatif) permet aux entreprises de céder une partie de leur capital à des contributeurs qui souhaitent investir dans un projet éthique ou solidaire en obtenant des retours sur investissement.
Finance alternative
Le financement participatif était en pleine croissance en France entre 2015 et 2019. Le montant global des participations sur les diverses plateformes avait grimpé de 167 millions d'euros à 629 millions pour atteindre 741 millions d'euros en 2020 selon les chiffres du ministère de l'économie et des finances. Après un léger ralentissement les années suivantes, le crowdfunding représente une collecte globale annuelle de 1, 763 milliards d'euros pour l'exercice 2025 (chiffre https://francefintech.org/barometre-2025-du-crowdfunding-en-france/).
Le crowdfunding devient un outil collectif et citoyen de plus en plus utilisé pour créer de nouvelles activités, de l'emploi, de la richesse et son atout majeur est bien celui de court-circuiter le système bancaire traditionnel et son monopole du crédit et du prêt. En s'affirmant comme un financement alternatif il permet à tout un chacun de porter ou d'aider un projet selon des critères d'intérêts personnels ou un simple coup de coeur. Il donne aussi l'opportunité aux futurs créateurs et porteurs de projets de tester leurs idées auprès du public sur les plateformes de crowdfunding, d'évaluer en direct la viabilité ou l'intérêt de leur dossier, enfin, last but not least, de constituer une communauté de clients potentiels parmi leurs financeurs en instaurant des relations qui ne sont pas uniquement dictées par le profit.
Les plateformes de crowdfunding sont encadrées au niveau européen et international par l'Autorité Européenne des Marchés Financiers (ESMA : https://www.amf-france.org/fr/esma) afin de sécuriser les transactions et d'assurer la transparence du système dans un cadre légal.
Quelques plateformes de crowdfunding
Il existe de nombreuses plateformes spécialisées dans des secteurs particuliers (agriculture, immobilier, transition énergétique, actions humanitaires, etc) comme Les Petites Pierres (économie solidaire et mal-logement) ou Miimosa pour l'agriculture et l'alimentation.
La sélection RATpress :

Kengo.bzh, la plateforme bretonne qui favorise les projets bretons ou en rapport avec la Bretagne sur les cinq départements historiques (Finistère, Côte d'Armor, Ill et Vilaine, Morbihan et Loire Atlantique). Elle cumule depuis 2015, 69 000 contributeurs et 4,2 millions d'euros de collecte.

Onparticipe.fr, plateforme française toute en une, qui propose à la fois une cagnotte multiciblée (associations, particuliers, entreprises dans tous les secteurs) couplée à un système de sondage et de billetterie évènementielle.

Helloasso, la plateforme des associations qui revendique une communauté de 450 000 associations et 3 milliards d'euros collectés depuis 2009.

Ulule, la plus grosse plateforme française et européenne avec 1,5 millions de contributeurs dans 200 pays et huit langues.
Pour plus d'informations sur le crowdfunding, voir le site https://crowdfundingfactory.fr/ , plateforme d'information et d'accompagnement des créateurs et porteurs de projets et le site de l'Etat français pour connaître vos droits et le cadre légal du crowdfunding https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F33957
Dr. Mortmagus (2020/2026)
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