Alan Vega et Suicide, Ghost Rider
- Dr Mortmagus

- 12 janv.
- 3 min de lecture

"Ghost Rider, he’s a motorcycle hero, Hey baby, baby, baby, He’s a blazing away like the stars, stars, stars in the universe." (Ghost Rider – Alan Vega 1981).
Alan Vega est comme ce motard fantôme sillonnant l’univers comme un astre enflammé. Quoi de plus normal quand on s’affuble d’un nom de scène directement piqué à l’étoile Véga, la plus brillante de la constellation de la Lyre. Car toute l’oeuvre d’Alan Vega est une quête de la lumière, à travers musique et sculptures avant-gardistes. Artiste visionnaire, icone de l’underground new-yorkais, il fonde dès 1970, avec son comparse Martin Rev, le duo proto-punk Suicide, combo minimaliste, mêlant rockabilly psychédélique et sons électro sur fond de batteries hypnotiques. Suicide sera l’un des groupes majeurs de la première vague punk américaine, celle qui hantait dès la fin des 70’s le quartier sordide de la Bowery et le fameux club CBGB’s (les Heartbreakers de Johnny Thunders, le Television de Tom verlaine, les Ramones et bien d’autres). Voir Suicide sur scène, c’était une plongée dans la nuit urbaine et décadente d’une mégapole futuriste, avec ses lumières électriques, ses dangers, l’urgence et les transes malsaines. Cyberpunk et dystopique avant l’heure, tous les courants musicaux lui seront redevables, de la new-wave des 80’s aux Dj’s du mouvement techno. La France lui accordera un unique tube en 1981, ce "Jukebox Babe" syncopé et haletant. Et pourtant, artiste essentiel, Alan Vega poursuivra en parallèle de son groupe Suicide, une carrière solo, produisant une bonne quinzaine d’albums incontournables dont "Collision Drive" (1980) avec les titres "Ghost Rider" et ce "Viet Viet" quasi Morrisonien…ou ce "Cubist Blues" (1996), sorte de techno blues industriel, en collaboration avec deux musiciens mythiques, Alex Chilton et Ben Vaughn, sans doute l’album le plus abouti de tous. On passera sous silence cette collaboration improbable avec le chanteur Christophe, rencontre du 3ème type pas forcément judicieuse.
LIGHT SCULPTURES
"Fuck this man : j’ai décroché l’ampoule du plafond, et je l’ai littéralement plantée sur ma peinture. Cela m’a ouvert à l’idée même de couleur, alors que je voulais la contrôler, j’ai commencé à voir à quel point la lumière pouvait modifier une peinture" (Alan Vega).
Diplômé en art du Bowery College, Alan Vega gère au début des 70’s une gallerie d’art alternative à Manhattan, the Project of Living Artists, sorte de Factory warholienne où se retrouvent toute la future scène punk new-yorkaise. Il se fait en outre connaître par ses sculptures lumineuses, assemblages hétéroclites d’écrans de télévision, d’ampoules, de tubes de néon et de fils électriques, formant croix luminescentes et crucifix tordus à partir de matériaux récupérés dans la rue.
Le 16 juillet 2016, Alan Vega est parti jouer le Ghost Rider là-haut, et sans doute continue-t-il à hoqueter un vieux rock destructuré, "But it’s over now, it’s over now, it’s bye bye….dear".
Il avait 78 ans. RiP Baby Rip ! *
DISCOGRAPHIE SELECTIVE
Suicide :
"Suicide" (1977), avec le titre halluciné et angoissant "Frankie Teardrop" (fait partie des "1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie", livre de référence sur la musique de l'américain Robert Dimery).
En solo :
Alan Vega (1980 – Celluloid) comprend le hit "Jukebox babe"
Collision Drive (1981 – Celluloid) avec les titres "Ghost rider" et "Viet Viet".
Saturn Strip (1983 – Elektra) produit par Ric Ocasek des Cars.
Cubist Blues (1996).
BIBLIOGRAPHIE
Sur Suicide
"Suicide: Dream baby dream" de Kris Needs (éditions du Camion Blanc).
Sur Alan Vega
"Conversation avec un indien" d’Alexandre Breton (édition Le texte Vivant).
Sur l'oeuvre plastique d'Alan Vega, voir l'ouvrage "Infinite Mercy" aux Presses du réel (2010) et le site https://www.laurentgodin.com/alan-vega pour un aperçu de son travail artistique.
NOTES
*Référence au single "Dream, baby, dream" du groupe Suicide.
Crédit photo
Lkdccommonwiki (licence CC0)
Dr. Mortmagus (janv.2020/2025)

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