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BIOHAZARD, ces pandémies à venir.


image d'un coronavirus bleu hérissé de piques rouges, noirs et verts sur fond noir

Selon la définition admise, une épidémie est la propagation d'une maladie dans une région précise. Elle devient pandémie quand elle s'étend à toute la planète et affecte l'ensemble de la population mondiale. Le 11 mars 2020, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déclarait l'épidémie de coronavirus sévissant en Chine comme pandémique, obligeant les 198 Etats membres de cette organisation à appliquer les protocoles du règlement sanitaire internationale (RSI). L'histoire n'en est pas à sa première pandémie. On citera pour mémoire la peste noire venue de Chine en 1347 qui causa plus de 25 millions de morts en Europe, la grippe espagnole de 1918 (50 millions de morts selon l'institut Pasteur), la variole, éradiquée en 1980 mais qui provoqua 500 millions de décès durant le 20ème siècle, le SIDA (88,4 millions de personnes atteintes et 42,3 millions de morts selon les chiffres de l'ONU, depuis le début de la pandémie) ou la grippe A (H1N1).


Les causes des pandémies sont multiples mais toujours liées à des modifications sociales ou environnementales majeures, notamment les déplacements de populations provoqués par les migrations, le tourisme et les flux commerciaux, l'urbanisation à outrance, la pauvreté et le manque d'infrastructures de santé publique, les conflits et les guerres. Autant de facteurs qui associés à la mondialisation facilitent l'apparition des pandémies et annoncent un avenir encore bien pire. L'OMS a déjà prévu l'apparition de nouvelles pandémies dans un avenir plus ou moins proche, toutes provoquées directement ou indirectement par le libéralisme et la dérégulation du commerce mondial.

Parmi les principales causes de risque pandémique, le réchauffement climatique qui favorise le déplacement des maladies du sud vers le nord. Le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) cite notamment la fièvre de la dengue, le chikungunya, le paludisme et d'autres arboviroses (maladies tropicales) apportées par les insectes, comme le virus Zika ou des fièvres hémorragiques de type Ebola. Mais il y a bien pire et l'avenir n'a pas fini de vous faire trembler. Le réchauffement de la planète associé à l'exploitation industrielle de certaines régions du globe comme l'Alaska, la Sibérie ou le Groenland ainsi que toute la zone arctique provoquent d'ores et déjà la fonte du permafrost, cette couche géologique gelée constituée de glace et de matières organiques, soit un million d'années d'accumulation d'humus, de bactéries et de microbes. Le risque de voir réapparaître des maladies contagieuses comme la variole et des virus datant des âges préhistoriques est loin d'être improbable. A titre d'exemple, on citera le virus de l'anthrax découvert sur le cadavre d'un animal vieux de 70 ans en Sibérie, ou la découverte de virus géants encore vivants après 30 mille ans de congélation dans le permafrost. Notre système immunitaire sera t-il efficient contre un virus venu tout droit du paléolithique ?


Dangers biologiques


Ne croyez pas vous en sortir à si bon compte. D'autres menaces biologiques et bactériologiques sont à l'oeuvre loin des regards, comme autant de mauvais scénarios de science-fiction apocalyptique : erreurs humaines ou défaillances techniques dans des laboratoire P4* (abritant des organismes hautement pathogènes), incidents lors de transports de déchets médicaux, bioterrorisme, biohacking, les possibilités de catastrophes d'ampleurs n'ont rien de fictives, malgré les protocoles de sécurité extrêmes qui sont appliqués aux risques bactériologiques. Pour preuves les accidents survenus dans divers laboratoires ces dernières années. En 2014, au CDC (Center of Deseases Control) d'Atlanta aux USA, un technicien est contaminé par le virus Ebola lors d'un transfert d'échantillons vers un autre laboratoire qui lui n'était pas habilité à traiter les risques infectieux. Plus récemment, en septembre 2019, un laboratoire russe, le centre Vektor en Sibérie, abritant des virus de la variole et d'Ebola est victime d'une explosion. En France, il existe trois laboratoire de type P4, dont deux sont contrôlés par le ministère de la défense. On peut à juste titre se demander dans quel but les militaires effectuent des recherches sur les virus. Guerre biologique, dites vous ? Allons donc !


Les risques de pandémie liés au bioterrorisme sont loin d'être eux aussi du domaine de la fiction. Si auparavant il était difficile de se procurer et plus encore de manipuler des agents pathogènes infectieux, cela ne semble plus être le cas. Ainsi la probabilité qu'une organisation terroriste commette des attentats biologiques n'est plus à écarter. Entre 1990 et 1992, la secte japonaise Aum Shinrikyo tente à plusieurs reprises des actes bioterroristes en utilisant divers virus dangereux (anthrax à Tokyo, botulisme, Ebola) avant de se rabattre sur le gaz sarin. En 2001, Bruce Irvins, chercheur dans un laboratoire P4 aux USA, est accusé d'attentats à l'aide d'enveloppes contaminées au bacille du charbon et se suicide pour ne pas être arrêté par le FBI.


Le biohacking ou biologie participative en est encore à ses débuts mais pose déjà de nombreuses questions quant aux risques potentiels qu'il induit. Considéré comme le DiY* de la médecine et de la biologie, le biohacking est généralement pratiqué par des personnes souhaitant optimiser leurs capacités physiques et mentales, libérer l'informations et la connaissance, ouvrir de nouvelles applications à la biologie (bio art, ordinateur à ADN, open insuline, free beer...). Rien de bien méchant dans ces pratiques qui rejoignent la philosophie collaborative des hackers de l'informatique et des logiciels open source. Et pourtant, certains biohackers tentent aujourd'hui des expériences de vaccins et sont donc amenés à manipuler des virus en dehors de tout contrôle médical et scientifique officiel. En 2018, un biohacker américain est retrouvé mort à Washington après avoir testé sur lui un vaccin DiY contre le virus de l'herpès. La plupart des biohackers ne partagent sans doute pas ce genre d'expérimentation mais le risque d'une contamination accidentelle n'est pas à ignorer. Science-fiction me dites vous ? Peut être, mais imaginons un instant un individu ou une organisation terroriste utilisant le biohacking comme le font déjà certains groupes de hackers avec les virus informatiques ? .


En 2019/2020, un simple virus a paralysé toute la planète, se jouant des frontières et des moyens technologiques et sanitaires des pays occidentaux, dont certains n'avaient mêmes pas suffisamment de lits, de masques de protection ni assez d'appareils d'assistance respiratoire dans les hôpitaux pour faire face à la pandémie. Le coronavirus a mis en évidence l'impréparation et l'incohérence des gouvernements et des systèmes de santé mondiaux. Et pourtant, en 2026, pour limiter la dette française, le gouvernement envisage des coupes budgétaires à hauteur de 7 milliards d'euros dans le budget de la santé alors que 87 % du territoire était classé en désert médical en 2024, que le nombre de lits d'hospitalisation a baissé de 10,5 % en 12 ans et que le quota de médecins ne cesse de diminuer. Le réchauffement climatique, qui est l'une des causes principales des risques pandémiques est passé au second plan des priorités des dirigeants de la planète et les risques de guerres se multiplient, provoquant de nouvelles courses aux armements. Nous n'avons toujours rien appris de nos erreurs jusqu'à la prochaine pandémie, jusqu'à la prochaine panique sanitaire qui nous rapprochera un peu plus encore de notre apocalypse. Les virus sont notre avenir !


Notes


*la classification P4 d'un laboratoire signifie « pathogènes de classe 4 » caractérisés par leur haute dangerosité (taux de mortalité très élevé), l'absence de vaccin, de traitement médical efficace, et la transmission possible par aérosols (wikipédia).

*Do it Yourself. Voir à ce sujet l'article RATpress https://www.ratpress.net/post/do-it-yourself


Bibiographie


couverture rouge et jaune du livre la fabrique des pandémies de Marie Monique Robin représentant un tapir jaune sur fond rouge

"La Fabrique des pandémies" de Marie-Monique Robin, journaliste d'investigation aux éditons La Découverte, 2021.

"cet essai, mobilisant de nombreux travaux et des entretiens inédits avec plus de soixante chercheurs du monde entier apporte enfin une vision d'ensemble, accessible à tous. Marie-Monique Robin contribue à dissiper le grand aveuglement collectif qui empêchait d'agir. Le constat est sans appel : la destruction des écosystèmes par la déforestation, l'urbanisation, l'agriculture industrielle et la globalisation économique menace directement la santé planétaire."



Dr. Mortmagus (mars 2020/janvier 2026)


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